Partir enseigner à l’étranger, nos 10 conseils avant de tenter l’expérience

Partir enseigner à l’étranger, nos 10 conseils avant de tenter l’expérience

Vous venez d’obtenir le titre de professeur de l’année et vous n’avez plus rien à prouver sur le territoire national ? Vous voulez désormais faire valoir vos talents à l’international ? Avant de décider d’aller donner des cours à l’étranger il faut bien réfléchir ! Choisir un poste à l’étranger, lorsque l’on est enseignant, n’est pas une décision qui se prend à la légère (ceux qui l’ont déjà vécu le savent bien 😉 ). Alors, pour vous aider à préparer au mieux votre départ, l’école d’ailleurs vous prodigue une liste de 10 conseils avant de faire le grand saut.

1. Avoir un projet clair et adapté à son profil

Vous êtes professeur des écoles, Conseiller Principal d’Education, enseignant du second degré ? Vous n’êtes pas titulaire de l’Education Nationale ? Quelle que soit votre situation, votre projet ne sera pas forcément le même que celui des autres enseignants. C’est pourquoi vous devez établir un plan en fonction de votre situation et vos compétences (niveau de formation, fonction, années de service, type d’établissement, langue(s) parlée(s) etc…) et faire en sorte que celui-ci soit le plus précis possible. Vous devez donc répondre à plusieurs points essentiels :

  • Dans quel(s) pays voulez-vous aller ? Tous les pays ne disposent pas forcément du type d’établissement dans lequel vous souhaitez enseigner et des postes qui vous correspondent.
  • Dans quel type d’établissement ? Voulez-vous partir dans une école française du réseau de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger) ou de la MLF (Mission Laïque Française) ? Voulez-vous une école française ou un établissement qui n’a rien à voir avec les programmes du Ministère de l’Education Nationale ? Le choix du type d’établissement est en effet primordial ! Donner cours dans une école privée catholique ou dans une école de brousse n’est pas forcément adapté à votre personnalité.
  • Sous quel statut vous voulez partir ? Que vous partiez en contrat d’expatrié, de résident ou en tant que recruté local, les démarches ne seront pas forcément les mêmes. Vous devez donc préalablement établir ce que vous souhaitez afin d’entreprendre les démarches appropriées auprès des services compétents (AEFE, MLF, Ministère de l’Education Nationale). Et soyez sûr que ce contrat vous conviendra et vous permettra de vivre sur place (notamment si c’est un contrat de résident ou de recruté local).

Avoir un projet clair vous permettra de postuler auprès des bons organismes, dans les bons établissements et d’avoir une mission qui vous correspond.

Afin de préciser au mieux votre projet, n’ayez pas peur de vous renseigner.

2. Se renseigner sur son pays de destination

Renseignement destination

Vous avez décidé de partir et les questions se bousculent dans votre tête ? C’est normal ! Parce qu’un départ à l’étranger soulève de nombreuses questions il est important de chercher à recueillir l’avis des enseignants qui ont déjà vécu l’expérience et d’écouter leurs conseils. N’hésitez pas à aller sur des forums et poser vos questions pour récolter le maximum d’informations possibles.

Pensez notamment à vous renseigner sur les infrastructures du pays hôte :

  • le système scolaire sur place, encore plus si vous partez avec vos enfants (écoles, niveau, programmes, méthodes d’enseignement, rythme scolaire, etc…)
  • le système de santé. Assurez vous par exemple qu’il y ait des hôpitaux de qualité dans les environs si vous avez un problème.
  • la protection sociale (si vous partez en tant que recruté local).
  • la couverture internet. Ca peut paraître dérisoire mais c’est un bon moyen de communiquer avec vos proches restés en France et un petit message de temps en temps ça met du baume au coeur (à eux comme à vous 😉 ).
  • le réseau d’eau potable.
  • etc…

Prenez également des informations sur le coût de la vie sur place et assurez vous d’avoir les moyens de vivre avec un salaire d’enseignant dans ce pays. Tous les lieux ne permettent pas forcément de vivre avec un salaire d’enseignant comme nous le rappelle Soïzic, professeur des écoles à Saint-Barthélémy.

D’autre part, il est quasiment impératif d’aller se renseigner sur le site diplomatie.gouv.fr pour prendre toute la mesure de votre choix. Partir dans un pays instable socialement et politiquement n’est peut être pas fait pour vous (ou vos enfants).

3. Etre sûr(e) de vos capacités d’adaptation (et de celles de vos enfants)

Vous adorez le soleil et le charme des pays tropicaux ? Vous aimez prendre votre petit déjeuner devant des vues à couper le souffle ? Attention, prendre un poste à l’étranger ce n’est pas partir en vacances. Cela signifie que vous devrez faire votre vie sur place, potentiellement pendant plusieurs années. Il est donc nécessaire pour vous, après vous être renseigné(e), d’être certain(e) de pouvoir vous adapter à une culture et un mode de vie qui seront peut être très éloignés de la culture française et de vos standards habituels. Il en va de même pour vos enfants, soyez certain(e) qu’une telle expérience ne soit pas une mauvaise page de leur vie.

Vous voulez vraiment tenter l’expérience de partir mais vous n’êtes pas certain(e) de pouvoir vous adapter dans un pays dont la culture est radicalement différente de la culture française ? Si vous n’êtes pas sûr(e) de pouvoir vous adapter (ou votre famille), il existe de nombreux programmes qui permettent de partir en Europe (OFAJ, Erasmus +, etc…). Cela sera sans doute culturellement moins dépaysant et la France ne sera pas loin en cas de mal du pays 😉

4. Ne pas avoir peur de l’aventure

Vous avez affronté des classes de petits monstres pendant des années et l’aventure ne vous fait plus peur ? Tant mieux ! Car pour partir à l’étranger il ne faut pas avoir peur de l’aventure et des imprévus. Aussi clair et précis que soit votre projet, à votre arrivée sur place, durant votre séjour, vous aurez très probablement quelques surprises (bonnes ou mauvaises)… et il faudra développer certaines compétences d’aventurier pour y faire face et savoir les gérer. Partir enseigner à l’étranger peut s’avérer être une véritable mission ! C’est un peu comme un jeu à gratter, on ne sait pas sur quoi on va tomber 😉

5. Bien préparer son dossier

Vous voulez vraiment partir mais le côté administratif n’est pas votre fort ? S’il est vrai que l’administration française peut être effrayante, il faut que vous passiez outre vos phobies administratives afin de remplir le dossier correctement et y inclure tous les éléments. Les démarches varient en fonction des organismes (AEFE, MLF, OFAJ, etc…) mais les pièces à fournir sont sensiblement les mêmes :

  • votre CV
  • vos justificatifs de formation
  • vos diplômes
  • une lettre de motivation manuscrite (elle ne doit pas faire plus d’une page mais le message doit être clair « vous êtes le candidat idéal pour le poste »)
  • tout élément qui pourrait mettre en avant vos compétences et s’avérer utile à faire de votre candidature celle qui fera la différence.

Ayez bien à l’esprit qu’un dossier incomplet sera souvent rédhibitoire et vous pourrez dire adieu au poste de vos rêves jusqu’à l’année suivante ou plus…

6. Se former et apprendre une nouvelle langue

La concurrence sur les postes d’expatriés est coriace, il faut donc que vous mettiez toutes les chances de votre côté pour faire la différence.

  • Suivez des formations. Votre BAFA, votre PSC1 ou votre brevet de natation en eaux hostiles sont autant de compétences qui peuvent s’avérer de véritables atouts lorsque vous présenterez votre candidature.
  • Potassez vos langues vivantes. Il est difficile de faire valoir votre dossier si vous ne maîtrisez pas au moins une langue vivante étrangère. Vous parlez anglais ? C’est un bon début, l’anglais fait partie des bases quasi obligatoires ! N’hésitez pas à vous tourner également vers les rudiments d’autres langues si cela peut s’avérer utile.

7. Etre patient et s’accrocher

Vous pensiez pouvoir partir du jour au lendemain, sur un coup de tête ? Eh bien, mauvaise nouvelle… il est très rare que les choses se passent comme cela. Une mobilité ça se prépare et croyez-nous, ça prend du temps ! Bien souvent il faut compter pas moins d’une année entre le début des démarches et la prise de poste (si vous en obtenez un). Beaucoup de professeurs rêvent d’effectuer une mission à l’étranger et font leur demande tous les ans. Face à tous ces concurrents vous risquez de voir votre candidature rejetée, une voire plusieurs fois. Ne vous laissez pas abattre et accrochez-vous, l’obstination finit souvent par payer. Et ne prenez pas cela comme du temps perdu, profitez en pour vous former 😉

8. Prévoir des solutions de repli

Eh oui, ce n’est pas parce que vous allez demander un poste à Bali que vous aurez un poste à Bali ! C’est pour cela qu’il faut avoir un projet clair et précis et dresser une liste complète des pays dans lesquels un départ serait envisageable, des établissements dans lesquels vous souhaiteriez enseigner et du type de contrat qui vous convient. Vous pourrez ainsi effectuer plusieurs candidatures pertinentes et augmenterez vos chances d’être pris(e) 😉 Cependant, ne faites surtout pas des choix que vous ne pourriez pas assumer.

9. Faire preuve de culot (avec modération)

Malgré vos 40 demandes pour aller enseigner en Azerbaïdjan ou en Ukraine vous n’avez reçu aucune réponse positive pour un contrat d’expat’ ou de résident ? Vous voulez partir à tout prix et un contrat de recruté local vous convient tout à fait ? Alors faites preuve de culot et tentez de démarcher directement les établissements du pays de vos rêves. Certains l’ont fait et ont réussi à obtenir un contrat de recruté local ! Attention toutefois, ce type de contrat vous propose un salaire local et non français, vérifiez bien que ce salaire vous permettra de vivre décemment dans le pays choisi.

10. Gérer ses dernières affaires en France

Avant le grand départ il est nécessaire d’être à jour dans sa paperasse administrative et de s’occuper des biens que vous ne pourrez pas emmener avec vous.

Etre à jour dans sa paperasse

Ca y est, l’avis de détachement est tombé ? Direction l’école d’ailleurs ? Avant de partir soyez sûr(e) d’avoir mis toutes vos affaires à jour en France, notamment d’un point de vue administratif. Il peut être délicat d’avoir des démarches à effectuer depuis un pays où internet fonctionne mal, où il y a un décalage horaire conséquent avec la France

Pensez donc à désigner des personnes de confiance pour gérer les éventuelles difficultés quand vous ne serez pas là (locataire, papiers, factures…).

S’occuper du sort de ses biens

Vous voulez impérativement emmener votre peluche avec vous ? Vous refusez de vous séparer de la commode Louis XVI léguée par votre arrière-grand mère paternelle ? Avant de partir il faudra hélas faire des choix car, dans un soucis de mobilité, vous ne pourrez pas emmener toute votre maison avec vous (ça ferait un sacré excédant de bagage !). Il est donc important de régler le sort de vos biens avant votre départ. Si vous êtes propriétaire, cela pourra être, mettre votre logement en location et désigner une personne de confiance pour s’en occuper. Si vous êtes locataire il pourra être utile de trouver un garde meuble ou toute autre solution pour entreposer les affaires qui resteront en France.

Vous voilà désormais prêt(e) à devenir un enseignant de rayonnement international (à votre juste valeur en somme) ! Comme vous l’aurez constaté, un départ pour un poste d’enseignement à l’étranger est un long périple qu’il faut préparer du mieux possible. Si vous partez avec un projet précis, que vous êtes curieux, patient et que vous avez de grandes capacités d’adaptation, vous pourrez envisager un départ vers l’école d’ailleurs plus sereinement 🙂 Alors, vous êtes prêt pour faire partie de la prochaine sélection de professeurs français à l’étranger ?

Steven Mercier

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