Enseigner en Espagne avec Marie

Enseigner en Espagne avec Marie

Aujourd’hui nous partons en direction de l’Espagne pour faire connaissance avec Marie ! Cette jeune institutrice a travaillé un an à Lyon dans une école privée en tant que suppléante avant de faire le choix de l’expatriation. Ensemble, nous reviendrons sur son année en tant que maîtresse d’une classe de CE2 dans une école française catholique à Madrid.

Vous voulez tenter l’expérience de l’expatriation mais n’êtes pas encore titulaire ? Vous n’êtes pas prof de formation mais avez un bac + 3 ? L’expérience vécue par Marie va sûrement vous intéresser et vous remotiver dans vos démarches. Cet entretien sera l’occasion d’aborder des questions comme la candidature à un poste de recruté local, l’arrivée dans un nouveau pays et une nouvelle école, les rapports avec l’équipe pédagogique et les élèves, les techniques pédagogique ou encore le rythme scolaire. Vous allez voir que parfois, le culot… Ca paye!

Vamos a Madrid !

Une candidature au culot

L’école d’ailleurs : Bonjour Marie ! Merci beaucoup d’avoir accepté de partager ton expérience madrilène avec nous =)

Si nous sommes ensemble aujourd’hui c’est que tu as décidé de partir enseigner à l’étranger ! Alors raconte nous un peu, comment ça s’est passé pour toi ?

Marie : C’est compliqué de partir enseigner à l’étranger quand on a aucune expérience dans un pays différent de la France, mais surtout quand on n’est pas titulaire du CRPE (Concours de Recrutement de Professeurs des Ecoles). Moi j’ai eu beaucoup de chance parce que mon école recherchait en urgence quelqu’un en juillet…

Ce qui signifie que tu ne remplis pas les pré-requis habituels (concours + 3 années de titularisation) pour partir ?

Non, j’ai ne suis pas passée par tout ça… Mais j’ai travaillé en France avant, en tant que suppléante dans le privé. Dans le cadre de mon master MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation), je suis également partie un mois en stage en Grèce dans une école primaire… Je pense que ça a joué dans mon CV !

Et justement, comment tu as candidaté ? Est ce que ça t’a pris beaucoup de temps ?

En fait j’ai un peu envoyé mon CV au hasard dans plusieurs écoles françaises à l’étranger et c’est cette école hors-contrat à Madrid qui m‘a prise. C’était un peu tard pour postuler mais ils cherchaient quelqu’un en urgence donc ils m’ont prise tout de suite.

L’arrivée en Espagne

Ah oui, c’est allé très vite pour toi ! Du coup, te retrouver loin de ta famille et de tes amis, est ce que ça a été dur au début ou tu t’es acclimatée facilement ?

Pas du tout, j’étais très contente de partir. Et puis l’Espagne c’est à 2 heures de vol de chez mes parents, c’est très rapide !

La culture est différente, il faut s’adapter à un rythme de vie ! Par exemple, ils ne mangent pas du tout aux mêmes horaires que les français donc l’heure du déjeuner de l’école est retardée.

Et à ton arrivée sur place comment ça s’est passé ? Tu as dû trouver un logement, t’organiser…

Dès que j’ai su je partais à Madrid, j’ai trouvé un logement très rapidement grâce à une amie de ma mère. Donc, au niveau de l’installation, ça été très rapide ! Tout est arrivé d’un coup.

Et le niveau de vie là bas, c’est correct ou pas ?

Le niveau de vie est très correct ! Pour sortir, manger et boire ce n’est pas cher du tout. Les loyers un peu plus, on reste tout de même dans la capitale !

Même avec un salaire de prof ?

Oui, sans problème !
Mais comme le logement reste cher, il vaut mieux privilégier la colocation…

La découverte d’une nouvelle école

Est ce que tu as dû suivre une formation à ton arrivée sur place ?

Oui. Quand je suis arrivée à Madrid j’ai eu une formation en deux temps. Généralement vu que ce sont beaucoup les femmes d’expat’ qui prennent ces postes de recrutés locaux ils font des formations pour expliquer.

Un premier temps pour nous expliquer les notions importantes, puis un deuxième temps pratique : stage dans une classe, etc…
Après moi je connaissais déjà ça par cœur car j’ai déjà mon Master 2 MEEF et j’ai déjà enseigné auparavant en France.

L’école dans laquelle tu travaillais c’était quel type d’école ?

C’est une école française, hors-contrat, privée catholique. Avec une majorité d’enfants espagnols car l’éducation française est très réputée là-bas. Cette école est un peu particulière, elle est tenue par une sœur et c’est une école de filles ! Il faut adhérer aux valeurs ! Mais elle reste dépendante de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).

Et tu n’as pas eu de problèmes avec les exigences que peut présenter une école privée catholique ?

Non pas du tout. Si le le projet pédagogique ne m’avait pas plu, je n’aurais pas postulé !

Les rapports avec l’équipe pédagogique

Réunion entre profs

Et à ton arrivée dans l’école, tu as été bien intégrée à l’équipe pédagogique ?

Oui, ils m’ont très bien accueillie. On était trois nouvelles.

Comment ça s’est passé avec les autres profs ?

Très bien.

Le rapport aux élèves

Et avec les élèves comment ça s’est passé ? Quel rapport tu avais avec elles ?

Ce qui est un peu surprenant au début, c’est que ce ne sont que des filles. D’ailleurs elles ne m’appelaient pas maîtresse mais plutôt « Madame Marie ». Dans cette école, je n’ai eu aucun problème de comportement. Après, elles étaient sensées me vouvoyer mais ça a été un peu compliqué car en Espagne tu tutoies tout le monde, le « vous » ça n’existe pas trop.

Et il y avait combien d’élèves par classe ?

Dans ma classe j’en avais 26.

En classe avec Marie

Parlons maintenant un peu des cours, comment ça se passe ?

Je partage mon emploi du temps avec les professeurs espagnols. A partir du moment où tu es à l’étranger, dans n’importe quel pays, le professeur des écoles français partage son emploi du temps avec le professeur du pays parce que les enfants sont obligés d’apprendre les deux langues.

Donc toi tu enseignais en langue française ?

Oui, avec le programme de l’Education Nationale.

Par rapport à ta formation française est ce que tu as pu appliquer ce que tu as appris ou tu as dû complètement te réadapter ?

Non, ça reste une école française. J’ai suivi le programme et j’ai fait comme je voulais un peu. Mais on était quand même surveillés. Quand j’ai fait ma formation, l’inspecteur et le conseiller pédagogique sont venus nous voir dans notre classe.

Et au niveau des infrastructures est-ce-qu’il y avait ce qu’il faut pour travailler dans de bonnes conditions ?

Oui, dans cette école ils ont tout refait, c’était tout moderne quand je suis arrivée. Il y avait le projecteur, les ordis dans les salles, etc… Le seul problème c’est qu’il n’y avait pas la clim’, et en Espagne il fait vite très chaud à partir de mai.

Le rythme scolaire espagnol

Et au niveau du rythme scolaire, les semaines de cours s’articulent comment en Espagne ?

Les cours ont lieu de 9h jusqu’à 16h30 avec une pause de 13h à 14h30 et ce du lundi au vendredi.

Et les vacances scolaires ?

On avait :

  • une semaine à la Toussaint.
  • une semaine pendant les vacances de Février.
  • deux semaines à Pâques.
  • deux semaines à Noël.

Et l’année scolaire termine le 30 Juin.

Et ce rythme là les enfants le vivent bien ?

Très bien.

Le Bilan

Est ce que ça a changé ta vision de l’école ?

Non, je pense que pour changer ma vision de l’école il faudrait que j’aille sur un autre continent… Parce que là on est dans un pays européen, je trouve qu’il n’y a pas vraiment de changement, à part les horaires de cours.

Et tu tires quel bilan général de cette expérience ?

Eh bien c’est positif puisque je ne rentre pas en France ! En fait, grâce à cette année à l’étranger j’ai pu encore une fois postuler ailleurs et donc j’ai été prise à Turin en Italie.

Et tu pars pour combien de temps ?

Pour le moment, un an… on verra l’année d’après !

Et un poste de résident ça ne t’intéresse pas ?

Cela voudrait dire qu’il faut que je passe le concours donc non ça ne m’intéresse pas. Tant que je peux rester à l’étranger, je reste à l’étranger.

Un conseil à ceux qui veulent partir ?

De travailler en France (en tant que contractuel, suppléant) et d’envoyer son CV… on sait jamais ! Ma devise : « Qui ne tente rien n’à rien… »

Et tu comptes rentrer en France un jour ?

Tant que je peux rester à l’étranger j’y reste !

Eh bien, merci beaucoup Marie d’avoir accepté de partager ton expérience avec l’école d’ailleurs ! Nous te souhaitons une bonne installation à Turin =)

Voilà, grâce à Marie nous avons pu découvrir comment se passe l’école en Espagne. Vous aurez donc compris qu’il ne faut surtout pas avoir peur d’oser candidater, même si vous ne remplissez pas forcément les critères imposés par l’Education Nationale. Et puis l’Espagne c’est sympa, il fait beau, les profs et les élèves ont l’air cools et ça reste une culture européenne à laquelle il est facile de s’acclimater =) Alors, on attend quoi pour aller manger des tapas et boire de la Sangria ? Allez, Hasta Luego !

Steven Mercier

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